Interview de Mélanie sur le métier d’Herbaliste

Pourquoi es-tu devenu herbaliste ? Peux-tu nous raconter ton parcours ?

J’ai toujours eu un pied dans les plantes, l’environnement et la nature. Petite, je pouvais passer des heures en haut d’un arbre à contempler le paysage, ou à admirer la lune et les étoiles. Je ne conçois pas de vivre/travailler dans un lieu sans des plantes pour m’accompagner, elles sont à la fois alimentaires, ornementales, énergétiques, gourmandes & médicinales. L’interaction entre l’homme et le monde végétal est une thématique holistique m’intéressant depuis mes débuts et valorisée par la pratique du paysage, de la permaculture et de l’alimentation, de la santé et du bien-être au naturel.

Les plantes m’ont accompagnée en tant qu’ornementales au départ (conceptrice paysagiste pendant 6 ans) puis en tant qu’hygiène de vie et de bien-être. Et depuis toujours, je ne cesse de les contempler et de m’émerveiller. Par la suite, j’ai suivi une formation d’herboristerie, d’aromathérapie et je me suis formée en autodidacte pour la gemmothérapie. En 2010, j’ai crée mon site vert-citron où j’y référençais mes recettes de cosmétiques végétaux, des astuces green et où je proposais des formations pour apprendre à fabriquer ses propres préparations. Je suis actuellement vendeuse/conseillère en produits naturels en magasin bio, cela me permet de « conseiller » les plantes avec les clients qui le souhaitent! J’aime beaucoup ce métier: échanges, partage, passion. Mes intentions du moment: améliorer le bien être, en prévention ou pas, pour accompagner l’équilibre du corps et de son fonctionnement.

En quoi consiste le métier d’herbaliste ? Qu’est-ce qui le différencie du métier d’herboriste ?

Mmmmmh! Questions qui mériteraient plus qu’une simple réponse! Mais pour essayer de répondre simplement: le terme « herbaliste » est une « francisation » du terme anglais « herbalist » qui désigne l’herboriste en anglais… En France, en 1941 sous le régime de Vichy,  le diplôme officiel d’herboriste a été supprimé et aujourd’hui, on ne peut donc plus porter ce titre. A ce propos, il existe des formations en France qui forment à ce métier mais elles sont non reconnues par l’état. (J’ai suivi le cursus en 3 ans de l’Ecole Lyonnaise des Pantes Médicinales) Aujourd’hui, il existe un syndicat qui oeuvre à la nouvelle reconnaissance de ce métier.
Seulement, ce n’est pas si simple car derrière le métier d’herbaliste-herboriste, il y’a différentes « sous-thématiques »: on peut retrouver des producteurs et des cueilleurs de plantes médicinales, des herboristes qui reçoivent en cabinet, des grossistes, des herboristes au comptoir… (ce dernier fut le thème du 6e congrès des herboristes cette année 2018).

Et pour ma part, j’exerce ma désignation d’herbaliste en tant que conseillère de plantes médicinales en magasin bio. 

A quels maux s’adressent les herbalistes ?

Il est important d’insister sur le fait que nous ne sommes ni médecin, ni pharmacien. Mais nous pouvons intervenir à leurs cotés de façon complémentaire. Je pense notamment, à ma propre expérience en chimiothérapies. J’ai essayé de renforcer mon organisme et de soulager mes différents effets secondaires au maximum avec des alternatives « naturelles » et notamment avec des plantes médicinales. L’hématologue qui me suivait n’était pas contre mais il est certain qu’il fallait tout de même bien vérifier que les plantes ou autres alternatives n’allaient pas interagir d’une façon ou d’une autre avec les produits. En fait, il s’agit vraiment, en tant qu’herbaliste d’apporter un mieux-être et non pas de poser un diagnostic ou de remplacer un traitement.

En dehors de ces pathologies lourdes, l’herbaliste intervient et conseille notamment des personnes sur leurs « maux du quotidien ». Encore une fois, on ne vient pas poser un diagnostic à la place du médecin mais certains troubles comme des problèmes de digestion bénins, une perturbation temporaire de sommeil, certaines douleurs, etc… peuvent être soulagés et améliorés par l’emploi des plantes médicinales. En règle générale, l’herbaliste essaie d’avoir une approche holistique du bien-être et interroge également le terrain de la personne qui peut lui demander conseil.

L’herbaliste propose-t-il des consultations individuelle ?

Il peut! Mais, en France, cela reste tout de même très compliqué, histoire de ne pas tomber sous le chef d’accusation « d’exercice illégal de la médecine ». C’est plus facile dans d’autres pays où ce métier est reconnu.

Utilises-tu des approches complémentaires ?

Oui! La réflexologie plantaire! Une très bonne complémentarité aux plantes médicinales.

C’est la réflexologie qui vint à moi à l’oncopole de Toulouse, lors de mes séances de chimios, grâce à une socio-esthéticienne bienveillante nommée Solène et à l’association « Entre nos mains ». Cette pratique était bien vue par les hématologues et par le personnel soignant de l’oncopole. La réflexologie me permit alors, avec les médicinales et les compléments alimentaires, de diminuer beaucoup d’effets secondaires liés aux traitements, d’agir sur le foie malmené et sur le côté émotionnel.

En tant qu’herbaliste, je conseille, en phytothérapie ou autres compléments alimentaires utiles, les personnes qui me posent des questions en magasin bio pour soulager certains maux bénins et obtenir un mieux-être. Mais je trouvais qu’il me manquait une approche plus complète et que j’aurai aimé pouvoir « rendre la pareille » comme l’avait fait Solène avec moi pendant mes chimios et les séances de réflexologie plantaire. Je me suis donc formée pendant 1 an à cette pratique avec la « prof » de Solène. Une formation pleine de sens, holistique, de terrain, très enrichissante et qui a fini de me convaincre que la réflexologie plantaire est une excellente complémentarité à l’herboristerie. Avant, je me désignais comme « paysagiste-herbaliste », je suis maintenant et pleinement « herbaliste-réflexologue »!

La réflexologie est une pratique intégrative se caractérisant par une approche holistique et préventive de la santé. Elle est pratiquée depuis 2330ans avant JC. Au 19e siècle, c’est Eunice Ingham, entre autres, qui développe la réflexologie moderne et technique à visée thérapeutique.  Les personnes qui ont recours à la réflexologie ont bien compris qu’il ne s’agit pas simplement d’un massage de bien être mais également de soulagement de maux par différentes pressions et stimulations de points spécifiques sur la plante des pieds. Ces points sont reliés énergétiquement à des organes ou des fonctions physiologiques.  En prévention, la réflexologie plantaire permet de limiter la venue de certains maux chroniques ou de renforcer son organisme, notamment si elle est couplée à d’autres alternatives comme la phytothérapie. 🙂

J’ai d’ailleurs écris un article pour expliquer le « pourquoi et le comment » de ma pratique de la réflexologie plantaire, que vous pouvez retrouver ici: http://www.gratteronetchaussons.fr/2018/02/28/quand-la-reflexologie-aide-a-la-recuperation-du-corps-et-au-mieux-etre-general/

As-tu une plante fétiche?

Non! Car, je ne fais pas de favoritisme et parce qu’en tant que « plante-addict », j’aime toutes les plantes et non pas une en particulier! Elles ont toutes à nous apporter. Après, il est certain que je travaille souvent avec les mêmes végétaux que ce soit en médicinales ou en cosmétiques. Des plantes dont j’ai pu tester moi-même, au fil des années, leurs propriétés et leur efficacité. J’essaie également dans la mesure du possible de rester avec des plantes « locales » même si ce n’est pas tout le temps possible selon la problématique donnée.

D’ailleurs, pour la petite anecdote, non, je n’ai pas de plante fétiche, c’est la « plante » en général qui m’attire… Lorsque j’ai débuté mes formations en réflexologie, je me suis mise à penser au plantain (la plante médicinale) et cela m’a emmenée sur d’autres idées: le plantain se nomme ainsi car on le retrouve sur beaucoup de chemins piétinés, il est également bon en compresses de feuilles sur les ampoules des pieds par exemple. Et naturellement, cette réflexion m’a emmenée sur « plantain », « plante » et  –> « plante » des pieds!
Finalement, ma pratique dans le paysage (plantes ornementales), celle dans l’herboristerie (plantes médicinales) et celle de la réflexologie plantaire (plante des pieds) m’étaient peut-être destinées, à moi, la plante-addict!

As-tu un message à partager avec les lecteurs ?

Le message que j’aimerais faire passer est celui de la responsabilisation. Celle de prendre sa santé/son bien-être en main mais aussi celle du respect de la plante.

Pour prendre sa santé en mains, je m’explique avec une anecdote: lors de mes chimios (et oui, cela aura vraiment été une étape importante de ma vie! ), j’ai pu rencontrer pas mal de « compagnons de chambrée » dont une dame d’une soixantaine d’années qui ne savait pas exactement ce qu’elle avait comme maladie ni quel traitement on lui administrait… Un peu interloquée, je lui ai demandé si elle ne voulait pas savoir. Elle m’a répondu que les médecins ne lui disaient rien. Je lui ai alors dis « Mais vous ne posez aucune question?! ». Et non, cette dame « se laissait faire », ne posait aucune question, ne savait rien de son traitement à part qu’elle devait venir tous les tant de jours pour se faire piquer…  Par cette anecdote, je ne veux pas dire qu’il ne faut pas faire confiance aux médecins qui nous suivent… Non, mais comprendre le quoi, le pourquoi et le comment sont tout de même importants et peuvent permettre d’avoir une vision holistique de sa « mal-a-dit ». Se prendre en mains au niveau de sa santé, c’est déjà faire un pas dans le processus de guérison (au sens général du terme), n’oublions pas que l’effet placebo existe… l’effet nocébo également…

Quant au respect de la plante, j’aimerais faire passer le message suivant: ne pas tomber dans le piège de la « surconsommation » et de l’effet de mode, ni dans celle de remplacer un médicament par une plante. Idem pour la cueillette où il est de bon ton de respecter une certaine charte. Les plantes sont des organismes vivants, prendre en mains son bien-être passe avant tout par une phase de compréhension du vivant, nous faisons partie d’un tout interrelié. Lorsque nous prenons des plantes pour notre bien-être, il faut le faire avec une intention positive et remercier la plante pour ce qu’elle nous offre, essayer de ne pas être seulement des consommateurs mais également des acteurs de notre mieux-être…. Il ne faut pas oublier que certaines préparations sont précieuses, comme les huiles essentielles. Avant d’en faire une utilisation « à tout va », réfléchissez à la façon dont elles ont été produites et le « rendement » qu’elles ont… Etre consommacteur, c’est aussi être responsable dans le choix d’utilisation des plantes pour préserver la ressource…

Où peut-on te trouver ?

Sur la toile, vous pouvez me trouver sur www.gratteronetchaussons.fr.
Avec mon compagnon, nous sommes 2 passionnés d’escalade et de plantes médicinales, 2 amoureux de montagne et de nature! Depuis 2016, à travers Gratteron et Chaussons, nous vous faisons (re)découvrir les jolies falaises de France (et d’ailleurs!), le savoir-faire des plantes médicinales pour les grimpeurs (mais pas que!) et nos petits bonheurs de Nature Lovers.
Sinon, pour bénéficier de mes séances à domicile ou conseils personnalisés, c’est vers l’Ariège, au sud de Toulouse et au pied des montagnes, qu’il faut vous tourner! Vous pouvez me retrouver actuellement au magasin bio « Bio Forme » de Foix pour des conseils au rayon « bien-être ». Quant à des réservations pour des séances sur-mesure de réflexologie plantaire, j’exerce à domicile aux alentours de Foix, Tarascon sur ariège et Ax les thermes, principalement. Mais vous pouvez aussi me trouver de temps en temps du coté d’Avignon et bien sûr… pas loin des falaises que nous visitons un peu partout dans le sud de la France!




Rendez-vous sur Hellocoton !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.