La rue officinale, Ruta graveolens – propriétés et dangers

La rue officinale, Ruta graveolens, est une plante aromatique vivace du pourtour méditerranéen et du Moyen-Orient pouvant atteindre 70 cm à 1 m. Ces feuilles vertes bleutées et trilobées sont facilement reconnaissables.
Son odeur désagréable lui a valu le nom commun de « rue fétide ». Son goût est fort, camphré et amer.

Elle peut être utilisée en cuisine, en petite quantité et toujours crue (la cuisson relève son amertume), souvent pour aromatiser une viande grillée.

Précautions d’utilisation et dangers

La rue officinale est une plante controversée, elle peut autant guérir que détruire. Certains la regardent avec intérêt d’autres avec peurs… C’est une plante mal aimée et mal connue autour de laquelle mythes et légendes persistent.

Comme la plupart des plantes de la famille des rutacées, la rue officinale est potentiellement toxique. Elle doit être manipulée avec soin et il faut proscrire l’automédication.

Les prosalènes (des Furanocoumarines) contenues dans la plante peuvent provoquer des dermatites aiguës par simple contact puis exposition au soleil (photodermatite). Cette réaction phototoxique est accentuée par l’humidité. La réaction ressemble à une brûlure du premier ou du deuxième degré.

La rue officinale contient une forte concentration d’huile essentielle. La consommation en grande quantité peut provoquer la contraction des muscles utérins ce qui peut provoquer chez la femme enceinte un avortement. Ces avortements sont souvent accompagnés d’une hémorragie qui peut se révéler fatale pour la mère ou d’importants troubles hépato-rénaux (les coumarines sont dangereuses pour le foie et les reins).
C’est cette dangerosité et ses emplois de plantes abortives qui rendent la rue officinale tristement célèbre !

Elle peut également provoquer de l’hypertension et des troubles cardiaques.

En 1921, sa culture pour des usages médicinaux a été interdite.
Aujourd’hui, son usage est surtout limité au jardin ou ses applications répulsives des pucerons, mais aussi des chats, des limaces et des rongeurs en font une plante appréciée des jardiniers.

Petite histoire de la rue officinale, entre mythe et magie

Les propriétés médicinales de la rue officinale sont connues depuis la nuit des temps, mais il règne autour de la plante un parfum de magie…

Selon la Bible, Jésus essaya de se cacher par un arbuste de rue pour échapper aux soldats romains. C’est de là qu’est naît la réputation protectrice de la plante.

Les mages celtes pensaient qu’elle pouvait conjurer le mauvais sort.
Dans l’antiquité, on l’utilisait pour traiter la toux comme pour éloigner le mauvais œil et au Moyen-Age, elle était prescrite contre la peste et le typhus. Hippocrate la recommandait contre les empoissonnements et les morsures de serpents.

Les Chinois l’utilisaient pour éradiquer les mauvaises pensées et les Amérindiens pour préparer des philtres d’amours…

En Amérique du Sud, il n’est pas rare de voir de la rue plantée aux abords des églises comme signe de protection. Il est de tradition en Argentine de consommer une infusion de rue le premier jour du mois d’août pour s’assurer une bonne santé jusqu’à l’année suivante.

Propriétés médicinales de la rue officinale

Riche en flavonoïdes (jusqu’à 5 %), elle protège le système cardio-vasculaire et veineux.

Elle fortifie les yeux et améliore la vision, c’est pour cette raison que Michelange en consommé régulièrement.

Digestive et antispasmodique, elle permet d’éviter les ballonnements et les brûlures d’estomac, elle réduit les gaz, l’indigestion, les diarrhées et les coliques. Elle stimule la fonction biliaire et est vermifuge.

C’est une plante tonique et fortifiante de l’organisme.

Elle traite les troubles veineux comme les hémorroïdes, les varices, les jambes lourdes et favorise le drainage lymphatique.

Calmante, elle réduit les symptômes du stress et favorise l’endormissement.

En usage externe (en dilution), elle apaise les piqûres d’insectes, les allergies cutanées, le psoriasis et l’eczéma.

Anti-inflammatoire, elle apaise les douleurs rhumatismales, arthritiques, musculaires et prévient l’ostéoporose.

Ruta graveolens en homéopathie

C’est en dilution homéopathique que l’on peut trouver de la rue officinale.
Ces vertus sont appréciées des sportifs, randonneurs et grimpeurs, car elle est préconisée en cas de traumatismes telles que les entorses, fractures, luxations, tendinites, douleurs musculaires, contusions.

Elle est également recommandée en cas de rhumatismes, de périarthrites, de lombalgie et pour les fatigues oculaires.

Références bibliographiques

Traité pratique de phytothérapie de Jean-Michel Morel – Éditions Grancher
Guide de phytothérapie de Jorg Grunwald et Christof Janicke – Editions Marabout
François Couplan, Les plantes et leurs noms : Histoires insolites, éditions Quae, 2012
Joel Reynaud, La Flore du Pharmacien, Ed TEC et DOC 2002
http://www.jardin-et-ecotourisme.fr/rue-officinale-143.htm
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ruta_graveolens
http://www.wikiphyto.org/wiki/Rue_officinale
Guermonprez, Pinkas, Torck. Matière médicale homéopathique. Ed. Doin. Paris. 1985, réédition Boiron. 1997.
http://www.phytomania.com/phyto/ruta.htm

L’ensemble des informations mentionnées n’est donné qu’à titre indicatif et ne peut en aucun cas remplacer un avis médical précis pour chaque personne. Veuillez consulter votre pharmacien ou praticien avant tout usage.




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  1 comment for “La rue officinale, Ruta graveolens – propriétés et dangers

  1. violette
    10 juin 2017 at 0 h 38 min

    cc j’en ai dans mon jardin c’est vrai que ca pue mais ça pue pas « mauvais » lol ca pue très fort par contre je l’avais acheté pour éloigner les chat du quartier

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